Coucou.

Je m'appelle Emilie, j'ai 32 ans, hémiparésique et, aussi bizarre que cela puisse paraître, fière de l'être.

Tout commença le 17 février 1977 lors d'un accouchement tout à fait normal sauf que, le bassin de ma mère s'avéra trop petit d'où bébé coincé, manque d'oxygène et après une réanimation, un bébé qui brailla à pleins poumons : moi.

Ma mère s'arrêta de travailler pour me stimuler quotidiennement, veiller à ce que je prenne mon Baclofène, m'emmena à mes 3 séances de kiné par semaines... 
Mes parents ne m'élevèrent pas dans du coton. Tout en prenant compte de mes limites, je mettais 1/4 d'h pour fermer mes boutons de chemisiers, me relevais seule quand je tombais, j'entendais 100 fois par jour "ton pied, ta main" pour que je les étendent, vivait avec cette phrase de ma mère martelée chaque fois que nécessaire : "Tu le feras, tu mettras plus longtemps mais tu le feras".

Aujourd'hui je suis prof, je conduis une voiture automatique, j'ai un petit ami et j'envisage d'avoir un enfant (dès que j'aurais arrêté le Baclofène - et là j'ai besoin de témoignages). 
Avec les gamins au collège tout se passe bien. La première fois ils regardent, posent parfois des questions. Je réponds naturellement et ils oublient. 
Si j'écris aujourd'hui, c'est juste pour dire aux parents d'enfants ayant "ce petit problème" de ne pas se morfondre, d'élever leur enfant comme tous les autres enfants tout en prenant compte de leurs limites et de bien se dire qu'il y a pire ailleurs. 

Amicalement. 

Emilie.





Catégorie : Témoignages